

Microsoft, véritable aimant à virus
Edition du 03/10/2003 - par
Marc Olanié
Décidément, les arguments invoqués par le document Schneier-Geer font long feu. Considérant :
- que la position prépondérante de Microsoft en fait une cible privilégiée pour les auteurs de virus et pirates et
- que ses programmes constituent, faute de sérieux de conception, de véritables aimants à pirates, Macy Levitas Hamilton poursuit l'éditeur devant le tribunal de Los Angeles.
« Travaille bâclé, produit pas finis, visibilité trop importante, ces facteurs mettent en péril les utilisateurs des produits Microsoft qui stockent sur leurs machines des données personnelles importantes, données littéralement « exposées » aux hackers par la seule négligence des concepteurs... nous les poursuivons pour tout çà ». C'est ainsi, de façon très synthétique, que l'on pourrait résumer le fondement du premier procès pour « insécurité » engagé à l'échelon de l'Etat (Californie). MS, de son coté, va tenter d'éluder le procès avec pour argument que l'on se trompe manifestement de cible : l'existence des virus relève d'auteurs criminels de codes tous aussi criminels. Superbe discussion déterministe qui aurait passionné Occam : qui, de la faille ou du virus, procède de l'attaque ?
Derrière cette amusante controverse dialectique se profile le risque de voir se multiplier de telles actions en justice pour « vente de produits non fiables et à utilisation dangereuse ». C'est à l'aide de cette technique que Ralf Nader a fait plier GMC. Si le procès est réellement engagé, d'autres états risquent de s'engouffrer dans cette brèche.
Tout laisse à penser que s'entame ces temps ci la seconde campagne de diabolisation à l'encontre du monde Windows. Le rêve américain, après avoir donné naissance à une histoire emblématique, cherche à nouveau à casser son beau jouet. A force de s'y acharner, il va bien finir par y parvenir. Mais personne ne se pose la question de qui pourrait être capable de lui succéder. Personne non plus ne semble comprendre que le successeur en question, s'il parvient à survivre, se retrouvera dans la même position de cible privilégiée, que cette position soit occupée par un éditeur unique ou un groupe d'éditeurs appartenant à une filière commune.Le couple hacker/système d'exploitation ne s'apparente pas à une symbiose, mais à un comportement saprophyte, que la couche nourricière se nomme Windows, Unix, Linux OS-X ou VMS.
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